Back to Pérou

Publié le par An'so & Stephane

14 août : Bye Bye Chili : promis on reviendra pour visiter vraiment ce pays, l’aperçu que nous avons vu nous a mis l’eau à la bouche. Nous repartons donc pour le Pérou, précisément à Arequipa. Dans le taxi avec lequel nous passons la frontière, nous sommes avec 4 chiliens. Le voyage passe très vite, une chilienne discute avec nous… et nous chante même la Marseillaise ! De Tacna, on prend un bus pour Aréquipa où nous descendons à l’hôtel bien agréable « Colonial Inn ». La chambre est plutôt sympa, à 5 minutes du centre. Demain, il y a les grandes fêtes d’Arequipa pour fêter la création de la ville il y a plus de 450 ans. Une fête de plus qui va nous rappeler des fanfares boliviennes ?... 

15 août : après un fort agréable petit déjeuner sur la terrasse (encore un), on part visiter le couvent Santa Catalina : un trésor d’architecture et de couleurs. Ocre Rouge, bleu Azur tranchent avec le blanc et le bleu du ciel. Toute l’architecture des bâtiments est en rondeur, arches, voutes : carrément splendide. Cela dit, il valait mieux que ce soit splendide puisque toutes les cadettes des familles riches espagnoles des alentours entraient dans ce couvent à 16 ans pour ne jamais en sortir. On préfère notre visite à une vie entière entre ces murs aussi jolis soient-ils. Après la visite, on se retrouve dans la foule, eh oui, c’est la fête. Il y a du monde partout. On part réserver nos billets pour Nazca. On retourne ensuite vers la ‘plaza de armas’ mais il y a trop de monde, c’est fatiguant. Là on s’aperçoit que quelqu’un a tenté de nous voler quelques choses, un coup de rasoir a coupé la poche avant de notre sac à dos : une chance qu’il n’y avait rien dans cette poche. Aurons-nous cette même chance jusqu’à la fin du voyage : rien n’en est moins sûr ! On part dans le quartier de Yanahuara qui est bien plus reposant.

 

16 août : on poursuit nos visites de cette belle ville qu’est Arequipa et on organise notre excursion à la vallée de la Colca. On ne prendra que le stricte nécessaire dans le sac de Steph pour nos deux jours et laisserons mon sac remplit à craquer dans une consigne qui ne nous faire guère confiance mais bon, on verra bien !

A 2 heure du mat (qui a dit que les vacances c’était fait pour se reposer) nous prenons le bus qui nous conduira jusqu’à Cruz Del Condor.

 

17 août : nous voici à Cruz del condor : il est très tôt et nous avons la chance d’être là les premiers, avant le gros du flot de touristes, c’est superbe. On voit évoluer le ballet des condors, magiques. Ces oiseaux sont immenses et tellement majestueux. Ils planent, montent tranquillement et redescendent à pic dans le canyon. Nous sommes nombreux à les regarder mais malgré tout assez silencieux.

Après cet apaisant spectacle on se dirige vers l’oasis Sangalle. Le point de départ se fait à partir d’un village qu’on croyait en fait beaucoup plus proche de Cruz Del Condor, on aura tout fait à pied, et si on avait su on aurait chopé un bus ! Bref, nous arrivons dans le village, plutôt désert et après déjeuner nous entamons la descente vers l’oasis. Moi, trouillarde comme d’habitude, j’ai peur de me perdre, je dis à Stéphane qui nous aurions dû prendre un guide, mais Stéphane se veut rassurant et est sûr que nous trouverons facilement le chemin et en fait, il a complètement raison ! Au bout de quelques minutes de marche, il n’y a plus aucune ambigüité puisqu’on voit en contrebas notre point d’arrivé : l’oasis, toute verte au milieu de ce canyon plutôt désertique. Cela dit, ce n’est pas parce qu’on voit notre point d’arrivé que nous sommes arrivés : 3 heures de marche seront nécessaires ! Arrivés en bas, nous logerons dans une cabane de bambous, amusant et très rustique. On visite l’oasis, très verte, avec une végétation qui n’a rien à voir avec celle du village plus haut, en même temps, il y a un sacré dénivelé…On bavarde avec les quelques touristes qui passent la nuit ici, jouons aux cartes avec un couple et puis allons nous coucher : ce n’est pas le tout, demain, il va falloir remonter.

 

18 août : on entend des chuchotements, les gens commencent à repartir, nous allons nous lever pour faire de même. Moi qui appréhendait tant la remonté, je trouve finalement que c’est plus facile que la descente car les genoux souffrent bien moins des chocs… On mettra finalement moins de temps que la veille pour ce parcours en sens inverse. La vallée de la Colca : une belle randonnée !

Après l’effort, le réconfort. Avant de retourner à Arequipa, nous faisons une très agréable pause aux thermes. L’eau y est naturellement très chaude, un bain géant, qu’est-ce qu’on est bien, on n’a pas envie de sortir !

On retourne en bus à Arequipa puis, après avoir retrouvé nos affaires à la consigne (pas de problème malgré notre petite appréhension de la veille), nous prenons un bus de nuit pour Nazca.

 

19 août : Nazca n’est pas une ville extraordinaire mais c’est une étape incontournable du voyage pour survoler les fameuses lignes. On rencontre un couple allemand et nous mettons à la recherche, avec eux, d’une agence pour survoler les lignes. En peu de temps, c’est chose faîte. Le rendez-vous est fixé à 14 heures. Il est prévu qu’un mini bus nous conduise à l’aérodrome, puis que nous visionnions une vidéo sur ces lignes et enfin que nous les survolions vers 15h30. Ca s’annonce bien. Après la visite de la ville nous nous arrêtons déjeuner pas très loin de notre lieu de rendez-vous. On a faim et commandons des calamars frits. Notre ventre gargouille grave, mais qu’est-ce qu’ils fabriquent, ils sont allés les pêcher ces calamars ou quoi ! On s’inquiète, on nous rassure en disant que ça vient… Bref à 13h45 nous sommes enfin servis. On englouti notre assiette en moins de deux, il ne s’agit pas d’être en retard, cette après-midi, on a un timing à respecter. 14 pétantes on est devant l’agence, le ventre ballonné, limite en train de finir de mâcher notre dernière bouchée !!! Quelques minutes plus tard, arrivés à l’aérodrome, on nous explique que finalement nous allons survoler les lignes tout de suite et que nous regardons la vidéo ensuite. Nous n’y voyons aucun inconvénient.

Ca y est, nous sommes dans l’avion, un Cesna, le pilote et trois passagers ! C’est minuscule : je suis sous le charme, c’est terrible cet engin. Le pilote a l’autorisation de décoller, ça y est nous partons, waouh, ça décoiffe, trop génial. A peine décollé, le pilote commence à nous montrer les formes qui se distinguent des lignes : une baleine, un cosmonaute, un singe… Incroyable et magnifique, comment ce peuple a-t-il fait pour réaliser des dessins aussi parfaits ? Le mystère reste entier. Notre pilote, afin que nous puissions tous apprécier les formes fait un tour dans un sens, puis dans l’autre, comme ça tous les passagers peuvent en profiter, comme ça aussi, Stéphane devient tout vert, les calamars ont du mal à passer !  Le pilote un peu stressé face à l’état de Stéphane, lui donne un petit sac… De mon côté, je suis prise entre les deux, d’un côté des lignes magnifiques, des photos à ne pas rater (ce n’est pas demain qu’on re-survolera Nazca) et mon pauvre Stéphane dont le tee-shirt est trempé de transpiration en quelques secondes : il n’a vraiment pas l’air bien. Le pilote stresse comme un malade, il se retourne toutes les dix secondes pour vérifier que son avion est toujours propre. Au bout de quelques minutes encore, nous retrouvons la terre ferme, Stéphane a du mal à retrouver ses esprits. Enfin, nous visionnons cette fameuse vidéo, intéressante mais nous ne savons toujours pas pourquoi ces lignes ont été dessinées. Encore un mystère à résoudre.

En fin de journée, on visite le musée et observons les étoiles. Puis, nous allons nous coucher. Avant de se coucher, Stéphane me fait la peur de ma vie. Il est prit de tremblement sur tout le corps, ne peut plus vraiment parler tellement il tremble, il est dans un état second. Je ne sais pas quoi faire, j’ai beau regarder, il n’y a rien dans cette maudite trousse à pharmacie, pas de 15 à appeler, je me sens seule, très seule… Bref, j’allume la douche, fait couler de l’eau bien chaude et le met dessous, au bout de quelques minutes, il commence à aller mieux, ouf. Plus de peur que de mal… La journée d’aujourd’hui n’était définitivement pas la sienne.

 

20 août : nous Quittons Nazca pour rejoindre Pisco… Maintenant changer de ville c’est la routine. On prend un bus de la compagnie Flores, réputée et connue, plus sûre que certaines autres compagnies. Le bus doit passer par Ica puis filer tout droit à Pisco. De là nous souhaitons visiter les Islas Ballestras. Nous sommes complètement à l’avant du bus, ce qui fait que nous avons de la place pour détendre nos jambes et laissons notre sac à photo, devant nous, à nos pieds. On arrive à Ica, pause de 10 minutes, je sors me dégourdir les jambes, Stéphane reste dans le Bus. Deuxième partie du voyage, un jeune et grand garçon derrière moi a du mal à trouver sa place, il n’arrête pas de gesticuler, on s’assoupi 5 minutes… on regarde le paysage, et enfin, au bout de quelques heures de voyage, nous arrivons. Je prends le sac, on récupère nos sac à dos et prenons un Taxi pour rejoindre la ville de Pisco. Je trouve que le sac est très léger... Je l’ouvre…

-         Stéphane, tu as récupéré la ceinture ?

-         Non, elle est dans le sac

-         Non elle n’y est pas

J’ouvre le compartiment photo du sac, et là rien, plus d’appareil photo : on s’est tout fait tiré ! Mais comment est-ce arrivé ! Ce jeune et grand garçon derrière moi n’avais pas de mal à trouver sa place, il s’est tout simplement faufilé sous le siège pour tirer notre sac, prendre tout ce qu’il y avait d’intéressant dedans, et le remettre à sa place : ni vu, ni connu. Vite, il faut rattraper le bus, ce voleur est peut être encore dedans. Nous prenons un autre taxi, lui expliquons la situation, il roule à toute allure, on finit, au bout d’une demi-heure de poursuite par rattraper le bus qui poursuivait sa route vers Lima. On fait arrêter le bus, on explique la situation au chauffeur, bien sûr, le voleur s’est fait la belle depuis belle lurette, les gens du bus nous tendent de l’argent, nous le refusons, ils sont désolés pour nous. Nous regardons par terre mais en vain, il n’y a rien qui ne nous appartiennent. Nous retournons sur Pisco où nous devons faire notre déclaration de vol auprès de la police. Cependant, pour faire cette déclaration, il faut au préalable acheter un formulaire dans une banque, heureusement qu’il nous reste de l’argent (et ma carte bleue) car sinon, je ne vois pas comment on aurait pu acheter ce fameux formulaire : comment font ceux qui n’ont plus rien ? C’est ridicule. Bref, nous arrivons au commissariat et faisons notre déclaration tant bien que mal avec l’espagnol que nous parlons. La liste est longue, entre l’appareil photo, la lampe frontal, des lunettes de soleil, couteau suisse, jumelles, la carte bleue de Stéphane, nos passeports, nos billets d’avions retours… C’est la cata ! Comment on va faire, demain c’est samedi et nous reprenons l’avions à Lima à 500 kms d’ici et nous n’avons ni passeports, ni billets. Je suis dépitée, effondrée. Après la déclaration, nous trouvons un hôtel et nous rendons en ville pour essayer de trouver un moyen de téléphoner à l’ambassade, à continental Airlines pour connaître la marche à suivre. Là, nous sommes tombé sur quelqu’un de formidable, qui nous a beaucoup aidé à un moment où nous étions complètement perdu ; merci encore pour votre aide et votre réconfort. On a eu beaucoup de chance de vous rencontrer. Bon c’est clair maintenant, il faut que demain matin aux aurores nous nous rendions à Lima, nous serons samedi, il faudra tout d’abord aller à l’agence de Continental et filer à l’ambassade récupérer nos laissez-passer pour pouvoir retourner en France mardi. Le monsieur de l’agence ne nous fait rien payer même pas les communications téléphoniques qu’il a passées pour nous, il veut même nous donner de l’argent pour que nous allions diner, nous refusons mais sommes très touchés par son geste : nous avons rencontré en une seule journée une personne sans scrupule qui dépouille les gens à leur insu et une personne avec le cœur sur la main… Asi es la vida.

 

21 août : 5 heures : on se lève, on n’a pas fermé l’œil. Nous retournons à la gare routière où nous avions négocié avec la compagnie Flores, un aller gratuit pour Lima suite à nos déboires. Arrivés à la gare routière, on nous dit que ce n’est pas possible de partir. On commence à s’énerver, ils nous racontent des cracs ! Quand vous venez de vous faire volez, vous devenez méfiants et agressifs avec tout le monde. On fini par comprendre, tous les bus sont bloqués car à quelques kilomètres, il y a un camion qui s’est renversé, la circulation est coupée dans les deux sens. Il faut qu’on trouve un moyen, l’agence ferme à midi pour le WE. On n’a pas le choix, il faut qu’on aille à lima. Arrivés au niveau du pont, nous traversons la rivière quasi asséchée à pied, devant des centaines de personnes éberluées par ces deux jeunes plutôt déterminés ! De l’autre côté du pont, des colectivos nous demandent des sommes astronomiques pour rejoindre la bourgade et prendre un bus de là bas, nous continuons de marché, plus on s’éloigne et plus les prix deviennent raisonnables, on fini pas prendre un collectivo. Arrivés à la bourgade de Chicha, on trouve un bus. Le timing est très serré, arrivés sur Lima, il y a d’incroyables embouteillages, on est complètement bloqués et l’heure tourne. On a envie de sortir de se bus et prendre un taxi pour finir le trajet. On prend nos sacs et commençons à nous diriger vers le chauffeur pour lui demander de nous laisser ici. Là une femme vient à notre rencontre et nous fait comprendre que le quartier où nous nous apprêtions à sortir est très dangereux. On l’écoute, nous rasseyons et attendons impatiemment d’arriver. Nous serons à l’agence Continental à 11h15 !!! ¾ d’heure avant la fermeture. Nous tombons encore une fois sur quelqu’un de très gentil et compatissant. Elle nous explique la procédure, et le fait qu’il va falloir payer 125 dollars par billet réémis (4 au total)! Je fonds en larmes et lui dit : « how will we pay that ! » elle nous regarde et dit « OK, I call Houston !» (précision : le siège social de Continental Airlines se trouve à Houston). Elle revient, avec le sourire, le siège accepte que nous ne payions pas la réédition des billets vu les circonstances. Merci Madame. Mais ce n’est pas encore fini, il nous faut aller à l’ambassade pour les laissez- passer, faire des photos…. Stéphane, pendant que j’attendais à l’agence s’est occupé de savoir quels étaient les documents indispensables, a fait appeler l’attaché du consul pour qu’elle nous fasse les laissez-passer. Bref vers 13 heures, nous avions nos laissez- passer et nos billets d’avions. Nous étions soulagés, nous pourrons repartir ! Ouf. Par contre ces derniers jours se feront sans joie. Dans l’appareil, il y avait la pellicule presque finie des lignes de Nazca. On repense à ce point noir du voyage sans arrêt… Mais en fait, ce mauvais souvenir s’estompera peu à peu pour ne laisser de notre voyage au Pérou que du bonheur. En fait, avec le recul, ce vol n’était pas si grave, oui on s’est fait piqué nos affaires mais nous n’avons pas été blessé, des papiers, ça se refait, le reste, on rachètera… Ce n’est pas si grave, on a juste perdu un peu d’argent et loupé les iles Balestras. Mais pour penser cela, il faut un peu de temps, au début on avait plutôt la haine contre notre voleur. Le Pérou est un pays magnifique avec des gens très accueillants (pour la grande majorité) et il faut y aller, c’est magnifique, diversifié. Oui, on y retournera sûrement un jour.

 

22 août : nous repartons, le cœur lourd et des images pleins les yeux, la peur que notre mésaventure des derniers jours ne gâche à jamais nos souvenirs.

Nous avons une escale de 10 heures à New York, malgré notre laissez-passer, nous avons le droit de sortir et nous profitons de notre temps pour visiter Manhattan, c’est génial, Empire State building, Time Square, le quartier chinois, au pas de course d’accord mais cette escapade nous enchante, c’est génial.

Nous arriverons, J+1 à Paris et je vais direct au travail… C’est dur. A notre retour, nous apprendrons une bien triste nouvelle : oui, il y a des choses bien plus graves dans la vie que de se faire voler...

Publié dans Carnet de voyage

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article