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22 juillet : il est huit heures vingt, en patientant avant l’embarquement, on attendra que le café « Attazza ouvre ses portes pour prendre notre petit déjeuner. J’aurais bien pris une photo mais Stéphane m’en a déjà empêché !
Nous sommes enfin arrivés à Lima, à 22 heures 20. A 23heures 30 nous étions à l’hôtel style colonial avec deux patios. L’hôtel est rustique, mais ça va… On a même de l’eau chaude !
23 juillet : Zut ! J’avais paumé mes boules Quies, il y a beaucoup de circulation à Lima ! On se lève vers huit heures et après notre 'desayuno', nous voilà parti à la découverte de la ville.
La 'plaza des Armas’ est très belle. On visite la cathédrale la plus vieille du Pérou avec Christian :
très intéressant.
Puis San Francisco. On se ballade à travers des ruelles qui font très espagnoles puis on va manger dans un espèce de Fast-food et là Stéphane se fait piquer son poulet par un jeune péruvien affamé : ça fait drôle. Le pauvre, si on avait pu le rattraper, on lui aurait bien payé à manger…
On part ensuite confirmer notre vol pour Cuzco puis direction le musée des armes et de l’or. Au musée de l’or, il y a plein de momies. Il paraît qu’au Pérou, il y en a plus qu’en Egypte ! Au Pérou, on leur fait adopter la position du fœtus et leur tête regarde le soleil. La collection d’or est impressionnante, des tapis, des ponchos… Par contre Stéphane est déçu : la collection des œuvres du Kâma-Sûtra sud américain n’est pas là, prêtée à un musée européen !!
On retourne ensuite dans le centre de Lima et allons à l’office du tourisme.
Encore une fois, on rencontre une personne charmante qui nous suggère d’aller visiter China Town. Effectivement, on voit deux ou trois restos chinois et une porte chinoise qui indique qu’on se trouve dans le quartier chinois… On se promène et on se retrouve dans un centre commercial où il y a plein de robes de mariée et… des manucures. Je me fais faire pour la première fois de ma vie une french manucure : pour seulement 7 soles !
Ensuite on part pour la place San Martin, on mange une bricole et au lit. On est crevé. Cette première a été riche en rencontre où nous nous sommes laissé aller à arpenter la capitale du Pérou.
24 juillet : direction 'Aeropuerto Por Favor’ ! Pour 15 soles. Ca y est : direction la capitale des
Incas : Cuzco ! La ville et sa ‘plaza des
armas’ (il faut s’y faire, il y en aura dans toutes les villes et villages) sont vraiment superbes. Maintenant que Stéphane a vu qu’on peut décharger les photos dans le cyber café, il s’est
transformé en véritable japonais !
La matinée sera consacrée à la recherche d’un hôtel et à la logistique. On atterrit finalement au Royal Qosqo Hotel pour 40 soles/ nuit, baños collectivos : ça nous va.
Visite de la grande cathédrale sur la ‘Plaza de Armas’ : impressionnante de richesse, de l’or partout et un hôtel en argent massif : rien que ça !
On va aussi, grâce à notre « bolleto touristico » au « musée de Santa Catalina », puis au magnifique monastère « Santo Domingo » où on note un enchevêtrement des vestiges incas et constructions coloniales. Vraiment très chouette. On a vu aussi l’Eglise de la Campañia où une messe était célébrée. On termine la journée en nous rendant au spectacle folklorique qui n’est pas franchement inoubliable, mais c’était inclus dans le bolleto touristico !
Enfin, je cède au caprice de Stéphane et nous nous rendons au Bar Africa mama, renommé dans toute l’Amérique Latine. C’était très sympa, j’y ai appris les bases pour danser la Salsa… Apparemment, je ne suis pas très douée, je n’ai pas arrêté de me faire engueuler par le prof ! On rentre vers 23 heures et au lit !
25 juillet : 6h30 Debout. Une chose semble se répéter au long de nos voyages : on se réveille tôt ! On est partis en collectivos pour 2 soles/personne pour Pisac, il y a un très beau marché regorgeant de produits locaux. On se décide à monter jusqu’aux ruines à pied. Et là, on n’imaginait pas se qui allait nous arriver. Après 5 km de monté (assez fatiguant à 3700 m d’altitude) nous allons de découvertes en découvertes : le site est grandiose ! On ne passe pas loin de 2 heures pour visiter cette impressionnante cité incas coincée dans les colossales montagnes andines. On redescend au village de Pisac en taxi, puis reprenons un collectivos pour retourner vers Cuzco. On s’arrête 8 kms avant Cuzco : à Tombomachay, puis marchons vers Puca-Pucarà. Après quelques kilomètres, on visite la grotte cérémoniale de Kenko. Malheureusement, le temps nous manque, nous n’avons pas le temps de rejoindre le site de Sacsayhuaman (prononcer sexy woman) : nous irons demain. On revient sur Cuzco par le quartier de San Blas, où on se visite encore une petite église (on va finir par devenir des vrais culs-bénis !) riche en décoration. Puis un petit café s’impose, on en profite pour voir les dernières minutes de la finale de la Copa América et c’est finalement le Brésil qui gagnera. Retour tout doux à l’hôtel : on est naze, ça fait un peu 12 heures qu’on est debout, on a dû se taper pas moins de 20 kms de randonnée à 3 700 mètres d’altitude : c’est peut-être normal que l’on soit crevés !
26 juillet : un début de journée un peu galère et essentiellement dépourvu à la logistique : on a voulu acheter nos billets
pour le Machu Picchu !
C’est désormais chose faite. Nous
partirons donc par le train Ollanta-Machu-Picchu, le train au départ de Cuzco étant complet.
Puis on a cherché en vain l’agence First Class pour acheter nos billets de bus pour Puno pour le jeudi. Bref on se trouve un resto pour manger le midi puis après la visite de la place et de l’église San Francisco on retourne à l’hôtel. Et oui, Stéphane a encore des coups de soleil sur le crâne ! Un petit coup de Biafine et on est repartis pour Sacsayhuaman et là nous sommes une fois de plus impressionnés par ces vestiges Incas. Il en ressort un besoin d’acheter un livre pour comprendre Quoi-Qui-Comment-Pourquoi ? C’est immense et il est difficile de comprendre l’utilité initiale de chaque lieu.
Ensuite, on redescend par le quartier San Blas où en déambulant, nous tombons enfin sur Hatun Rumiyoc, cette fameuse pierre aux douze angles, un des blocs qui composent le mur du palais de Inca Roca.
Elle est prise d’assaut par les touristes et quelqu’un l’a recouverte de papier blanc : c’est malin ! Du coup, on ne prendra pas de photos, na !
27 juillet : 4 heures du mat’ ! Un abruti d’anglais, ou du moins d’anglo-saxon geint dans le couloir et réveille tout l’hôtel : il fait un potin pas possible. On ne se rendormira pas. 6 heures, nous nous levons pour aller voir le fameux Machu Picchu. Je suis à quelques heures de la réalisation de mon rêve d’enfance, je trépigne d’impatience !
Après deux bus, un train et une navette, nous arrivons (enfin) sur le site. C’est à vous couper le souffle : Grandiose, Spectaculaire, Magique, Mystique
sont des mots qui vous viennent tout de suite à l’esprit. Le site est d’une incroyable beauté. Ce ne sont pas les pierres en elles-mêmes (les
pierres taillées de Sacsayhuaman sont beaucoup plus impressionnantes) qui font la beauté du site mais surtout
l’environnement dans lequel il se situe. On est au sommet des montagnes et là, imaginez une ville ! Ah les montagnes… Nous entamons la montée du Wayna Picchu afin d’avoir une vue d’ensemble. Stéphane est comme un
dingue, plus le temps passe et plus je me dis qu’il doit avoir du sang japonais dans les veines. Tout en haut, nos efforts sont récompensés. Evidemment, là aussi nous avons immortalisé l’instant.
De tout là haut on peut voir que les ruines du Machu Picchu représentent un condor de profil.
On redescend et finissons la visite au pas de course, il nous manque du temps, c’est dommage. On reviendra un jour ! Nous redescendons attraper le train et traversons en sens inverse la forêt tropicale : des bananiers par centaines, des oiseaux du paradis, des orchidées sauvages, des hévéas et pleins de végétaux dont nous ne connaissons pas les noms !
28 juillet : aujourd’hui nous nous levons assez tard et prenons un VRAI ‘desayuno’. Ils commençaient à me manquer les petits
déjeuners. Du matin. Par ici Sandwich au Jambon, Jugo de banana con leche, café et autres tartines… On pensait aller aux Salinas de Maras et Moray en collectivo mais cela semble compliqué et un taxi nous
convainc d’y aller avec lui. Et puis, vu le prix, ce serait bête de s’en priver (60 soles). Après coup, on se rend compte qu’on a bien fait d’opter pour cette solution, sinon, on aurait jamais eu
le temps de tout faire. Tout d’abord, nous nous rendons aux Salinas qui datent de l’époque I
ncas et sont toujours utilisées de nos jours. C’est grâce à une source chaude chargée en sel, qui s’écoule de puits en puits, puis,
grâce au soleil, l’eau s’évapore et on peut recueillir le sel. L’endroit est grand et éblouissant au propre et au figuré !!! La blancheur du sel réfléchit les rayons du soleil. Après les
Salinas, nous nous rendons à Morey, lieu où les incas faisaient des cultures : une sorte de laboratoire agricole géant. Imaginez des cercles concentriques, en terrasse, très grands, très
large. On se promène, on explore, c’est beau et calme, on se sent bien. Enfin, notre taxi nous emmène à Chinchero, l’église est impressionnante d’extérieur. Quant à l’intérieur, on ne saura
pas : elle était fermée ! La place est charmante, des femmes péruviennes vendent des souvenirs et autres produits locaux aux touristes. Nous reprenons la voiture avec Ronald, notre
chauffeur et retrouvons Cuzco en fin d’après midi. Visite d’un autre musée puis on regarde quelques minutes le spectacle de rue donnée à l’occasion des Patrias.
Nous allons boire un coup et je demande un Pisco… Et là ERREUR !!! J’ai demandé un Pisco et non un Pisco Sour. Résultat j’ai bu un verre de Pisco Pur. Je ne suis pas prête de recommencer : j’ai été saoule en un rien de tant puis malade.
29 juillet : départ pour Puno avec le Bus First Class. 8 à 10 heures de route à travers l’Altiplano, nous traversons des paysages grandioses à plus de 3 500 mètres d’altitude en moyenne. On avait le choix entre le train et le bus pour faire ce trajet, nous avons finalement préférer opter pour le bus car celui ci offrait l’avantage de visiter différents sites, à commencer par la chapelle Sixtine des Amériques, j’ai nommé San Pedro de Andahuaylillas. Très vieille église aux fresques impressionnantes. Un Pisonay, très gros arbre péruvien, doit être planté sur cette place depuis des centaines d’années. Peut-être a-t-il été planté lors de la construction de l’église… Ensuite nous nous arrêtons sur le site Inca de Raqchi : le grenier de l’Empire Incas. Dans les quelques 200 maisons de pierre, les incas conservaient des denrées pour tout l’empire. En cas de sécheresse ou autre, ils puisaient dans les réserves. L’architecture du site est une fois de plus bien différente de ce que nous avions pu voir auparavant. Pour le déjeuner, on se retrouve dans une sorte de ferme un peu trop touristique mais qui nous offrira l’avantage de caresser et de donner le biberon à de doux alpagas et autres vigognes. C’est amusant. Une fois arrivés à Puno, en bordure du lac Titicaca, nous logerons à l’hôtel Impérial pour 15 dollars la nuit. Nous mangeons avec deux américaines asiatiques puis au lit.
30 juillet : nous partons pour les îles Uros pour la matinée. Dans le bateau nous rencontrerons un allemand qui animera notre voyage.
Les Uros… encore un endroit
hors du commun. D’après ce que nous
avons lu, les Uros sont un peuple qui a fuit les Incas qui avaient toutes les terres. Refusant de se plier aux lois Incas, les Uros se sont réfugiés où ils pouvaient, c’est-à-dire, sur l’eau.
Pour cela, les Uros ont superposés des branches de sortes de roseaux les unes sur les autres jusqu’à former de véritables iles. Au contact de l’eau, le fond de l’île pourrit et pour ne pas
couler, les Uros doivent remettre de nouveaux roseaux régulièrement. C’est étrange de marcher là dessus, ça rebondit un peu… Sur une des îles, alors qu’il n’y a que de quoi « survivre »
on trouve une poste et une cabine téléphonique : Ah… qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour les touristes ! Nous revenons sur Puno vers 12 heures et allons visiter le Yamari (bateau de
guerre) : visite intéressante mais pas inoubliable… A noter que le bateau a été emmené pièce par pièce depuis l’Angleterre jusqu’à Puno en passant à dos d’âne toutes les montagnes péruviennes. Il
faut croire que quand une guerre menace (d’ailleurs elle n’a pas eu lieu !) on est capable des choses les plus folles. Sinon à Puno, il n’y a pas grand chose à faire, on regrette un peu
d’être resté une journée de plus. Demain, nous passerons la frontière pour user nos chaussures en Bolivie.
31 juillet : le passage de la frontière se fait sans problème. On arrive au charmant
petit port de Copacabana. L’église est magnifique, à l’allure andalouse. Copacabana est un peu le
Lourdes de l’Amérique du Sud. Les gens affluent de partout pour bénir tout et n’importe quoi. Le plus impressionnant reste la file interminable de voitures décorées de guirlandes aux couleurs
criarde. Les heureux propriétaires patiente afin qu’on bénisse leur carrosse ! Nous partons en bateau pour l’Isla del Sol. On se croirait en
pleine mer tant le lac Titicaca est immense. Le voyage est grandiose et à l’arrivé on est scotché par la beauté du paysage. La cordilière Royale au loin, l’eau calme et le bleu du lac. Magique.
Comment ne pas être émerveillé devant tant de beauté ? Après une soirée bien arrosée au vin Chilien dans une gargote sans eau ni électricité et dans un froid glacial, le clou se révèlera
être le levé du Soleil. On a l’impression d’être seul au monde, on est heureux.
1er août : après ce fameux levé de soleil et un copieux ‘desayuno’, nous retournons à Copacabana. Cette journée sera très largement réservée au transport, pour rejoindre La Paz vers 16h30. Nos premiers contacts avec La Paz nous laissent entrevoir une grosse ville où l’on a du mal à trouver nos repères. On a du mal à se sentir à l’aise. En fait cette impression passera au fil du temps. La Paz est une ville qu’il faut apprendre à apprivoiser. La Paz est gigantesque, encastrée et construite à flan de montagnes à pic.
2 Août : on part en excursion à la vallée de la Lune
et Chacaltaya, la plus haute station de ski du monde. La vallée de la lune, on se dit que c’est un peu à cela que doit
ressemble l’ouest Américain, mais en plus grand évidemment. Pour se rendre à Chacaltaya (qui est à tout de même 5 300 m d’altitude !) la route est tortueuse et dangereuse. Une route étroite
avec le flan de montagne d’un côté et le vide de l’autre : une pensée pour Nicole. Le paysage n’en reste pas moins fabuleux, des lacs rouges, verts, la neige, les montagnes ; oui la
Pacha Mama est vraiment riche de beauté. Arrivés à la station, nous souhaitons rejoindre le sommet, une petite marche d’environ 800 mètres, guère plus. Mais cela est sans compter les 5 300
mètres d’altitude : il nous aura fallu plus de trente minutes pour faire ces quelques mètres : on n’est pas prêts pour l’ascension de l’Everest !
3 août : ça y est, nous prenons nos marques dans la Paz, cette grande ville qui nous effrayait hier nous est plus familière aujourd’hui, ces enfant cagoulés cireurs de chaussures ne nous font plus peur. Pourquoi sont-ils cagoulés, pour ne pas qu’on puisse les reconnaître, car leur métier leur font honte ? Simplement le froid ? On ne sait pas mais c’est étrange. On passera notre journée à visiter la ville et ses musées, à se perdre dans les rues et y faires quelques achats. En fin de journées, nous allons prendre notre bus Cama pour Sucre. On y dormira bien.
4 août : nous avons trouvé notre hôtel : Residential Bolivia, pour 60 bolivianos. La ville est très belle. Toute blanche. Sucre est
la capitale administrative de la Bolivie, elle est plus basse en altitude ce qui lui confère un climat plus agréable en cette période de l’année… On a même chaud ! On profite de cette belle
journée pour aller visite
r les traces du passé à
Cal Orcko… Oui, des traces de Dinosaures !!! Incroyable mais vrai. En exploitant la montagne, les ouvriers d’une cimenterie ont découverts des strates avec des pas de dinosaures
foscilisés ! Ces pas ont des millions d’années, et par la taille de l’empreinte, l’écart entre deux empreinte ou encore la profondeur de celle ci, les chercheurs sont capables de déterminer
la taille approximative de ces charmants animaux ! Il y en avait de très grands. Etape intéressante.
En revenant sur Sucre, on apprécie cette belle journée, du coup, on n’a pas tellement envie de s’enfermer dans les musées. Nous allons tout de même visiter le couvent sur les hauteurs de la ville, il est joli, agrémenté de beaux patios et jardins. Mais ce qui est épatant, c’est la sortie des classes, tous les gamins se retrouvent sur la place et jouent au babyfoot !!! Stéphane n’a pas manqué d’en affronter quelques uns.
5 août : on se retrouve encore dans les fêtes nationales ! Du monde partout, c’est incroyable, des défilés par ci et par là, et ça répète et ça répète, les fanfares ne cessent de jouer les mêmes refrains qui commenceraient presque à nous taper sur le système !
En début d’après-midi, nous partons pour Potosi en bus. Nous irons à l’hôtel Turista (90 bol), je ne sais pas si le nom de l’hôtel y est pour quelque chose mais Stéphane n’a pas l’air bien.
6 août : on part visiter les Mines de Potosí. Mais comme aujourd’hui c’est férié, nous verrons que
très peu de Mineurs, la visite n’en n’est pas moins intéressante. Nous sommes
hallucinés par l’explosion de la dynamite. En fait, notre guide a fait sauté devant nous un bâton de dynamite à ciel ouvert : ça fait du dégât, alors imaginez à l’intérieur d’une mine, ce
n’est pas étonnant que les mineurs mâchent de la coca à longueur de journée. Oui, la feuille de coca coupe la faim, oui elle donne de l’énergie mais elle doit aussi permettre de «planer» un petit
peu afin d’oublier le rude labeur qu’ils accomplissent. Autrefois les mines de Potosi étaient très fournies d’argent, il paraît que les mineurs trouvaient, à l’époque des colons espagnols, des
filons d’argent gros comme le bras, maintenant, la mine ne procure plus que des filons très petits, gros comme les veines du bras…
A Potosi, on est en pleine fête nationale, fini les répétitions, c’est le jour J. Pour nous ça complique les visites de la ville. Nous partirons pour Uyuni à 19 heures en bus de nuit.
A deux heures du matin, notre bus arrive enfin. Nous avons réussi à dormir et on se demande encore comment on a fait. La piste était très mauvaise, le bus aussi, et malgré les couinements et autres secousses on a réussi à dormir.
Bref à deux heures, on récupère nos sacs à dos. Il fait un froid terrible. On n’a pas réservé d’hôtel… Nous nous retrouvons à deux heures du mat à errer dans les rues désertes de Uyuni afin de trouver notre hôtel pour la nuit. On commence à s’inquiéter… On a beau sonner aux portes des hôtels, personne ne nous répond. On finit, après peut-être une demi-heure de promenade forcée à en trouver un, un peu cher mais à cette heure-ci, nous ne sommes pas en position de force pour négocier. Nous nous couchons, enfin, des rêves pleins la tête : nous sommes à quelques heures de notre expédition pour le Salar de Uyuni. Un moment tant attendu !
7 août : après une visite, de jour cette fois, de Uyuni nous retrouvons l’agence Tonito tour pour faire notre expédition de 3 jours à travers le Salar. Nous sommes dans un 4x4, accompagnés de 4 autres Français, d’une cuisinière et de notre chauffeur guide « Gabriel ». Nous faisons connaissances sur les premiers kilomètres… Nous avons à peu près le même âge mais surtout, les mêmes centres d’intérêts et nous nous entendons bien, très bien… Si bien que finalement ces compagnons de trois jours deviendront nos amis et nous nous voyons depuis régulièrement en France, malgré les kilomètres qui nous séparent. Miguel et Sanctus sont hyper gentils avec nous, Sanctus nous fait des repas de rêves à plus de 4 000 mètres d’altitude ! Incroyable…
Après une visite au cimetière des trains, direction le Salar !
La traversée du Salar est tout à fait grandiose. Une immense mer de sel qui représente apparemment l’équivalent de deux départements français.
C’est étrange, le sel forme des hexagones, un peu comme une ruche géante. Comment se forment ces hexagones ? L’unique réponse de Gabriel sur nos
questions perpétuelles de savoir le pourquoi du comment est « asi es la vida » ! C’est vrai, pourquoi on se pose tant de questions ! Apprécions la beauté du paysage et puis
arrêtons d’essayer de comprendre !!! C’est tout simplement magnifique.
Le ciel d’un bleu Azur, le blanc éblouissant du Salar et au loin les majestueux volcans dont certains en activité. Plus loin, nous
faisons une pause à la Isla del Pescadores, endroit stupéfiant. Au milieu de cette immensité blanche, une île avec des cactus immenses ! Mais où sommes nous, le bus de la nuit dernière
était-il magique ? Serions-nous au paradis ? On n’en croit pas nos yeux : tant de beauté existe sur la terre… c’est merveilleux. Après la découverte de l’île, nous nous retrouvons
pour déjeuner… On n’a plus envie de repartir, c’est tellement beau. Mais bon, si nous restons ici nous allons mourir de froid et surtout, on manquera la suite !!! Et ça, on ne veut pas. On
fini la traversée du Salar, on est déjà nostalgique de quitter cet endroit… Nous nous dirigeons à Bella Vista, où nous passerons la nuit dans une sorte de gîte. Les garçons entament une partie de
foot contre les jeunes boliviens du village. Un pari est en jeu… Les perdants doivent payer un fanta aux gagnants !! Les garçons crachent les poumons mais finiront par gagner, les boliviens
sont vexés mais vite oubliée lorsque nous nous retrouvons tous autour d’un fanta bien mérité. Qu’elle belle journée, déjà presque achevée…Une petite pensée à Chocolate !
8 août : nous traversons des paysages lunaires. Nous sommes dans le Sud Lipez. Grâce à Romain, nous savons toujours à quelle
altitude nous sommes ! Stéphane e
st jaloux, lui aussi, il aimerait
avoir un altimètre : ce sera chose faite pour Noël ! Nous avons un petit peu moins de chance que la veille en terme de météo, c’est assez couvert aujourd’hui, du coup, les couleurs ne
sont pas aussi jolies, mais les paysages n’en demeurent pas moins extraordinaires. En fin de journée, après avoir vu les lacs colonisés par les flamants roses, des montagnes incroyables aux
formes lunaires, nous arrivons à la Laguna Colorada. Et elle porte bien son nom ! Rouge, oui rouge, pas légèrement rosée ! Ce vaste lac est entourée d’une vaste étendue blanche qui
n’est pas du sel, ni de la neige mais du Borax. Il paraît que c’est avec cela que l’on fait le dentifrice. Et toujours ces majestueuses montagnes qui nous surveillent. Ici il fait, très, très
froid ! Et il n’y a pas de chauffage, non, non !!! Le gîte « Laguna Colorada » est spartiate, et nous sommes loin d’être les seuls touristes. Les toilettes sont communes,
n’essayez pas de tirez la chasse, l’eau est gelée ! Notre chef cuisinière va nous faire un poulet frites que nous engloutirons arrosé d’une bonne bouteille : on se réchauffe comme on
peut ! On passera finalement une bonne nuit et nous n’aurons pas eu froid (pas étonnant vu comme on était couvert) malgré les -20°C !
9 août : on se lève aux aurores pour aller voir les geisers de El Sol Del Manana ! Dans le 4x4 on a sorti les duvets pour essayer de se réchauffer, il fait froid ! Il a neigé. Mais nous allons vite oublier cette contrainte. Car notre esprit va se perdre encore une fois dans le spectacle de la nature. Oui, ces geisers sont impressionnants, il y a d’immenses trous où de la boue boue ! Ailleurs, un trou plus petit qui crache une vapeur d’eau à une pression très élevé : ça fait un bruit monstre. Nous repartons vers les sources d’eaux chaudes où Stéphane et David, les plus courageux y tremperont les jambes. Nous autres avons trop froid et rien que de voir la neige autour, cela nous dissuade de nous dévêtir. Par contre le petit déjeuner avec pain grillé fera l’unanimité.
Nous repartons à travers ces paysages toujours aussi grandioses -on ne s’habitue pas à cette beauté renouvelée à chaque kilomètre- et arrivons à la Laguna
Verde, au pied du Licancabur. On a utilisé déjà tous les superlatifs… Quoi dire, c’est incroyable cet endroit : un concentré de bonheur. Ici le lac est d’un vert, mais d’un vert ! C’est
dommage que le soleil nous ait abandonné, il paraît que les couleurs
auraient été encore plus contrastées. Mais bon, là c’est quand même déjà pas mal !
Voilà, au terme de notre visite de la Laguna Verde, nous devons quitter nos nouveaux amis et nos guides de trois jours. On est un peu triste de ne pas faire les derniers kilomètres avec eux, on a tellement passé d’agréables moments. Mais bon, nous avons prévu de nous arrêter là pour rejoindre San Pedro de Atacama au Chili. Nous attendons notre bus, des images plein la tête… Nous avons vécu 3 jours de Pur Bonheur.
Voici le bus. Nous partons, et à la frontière, nous sommes très étonnés !!! Il faut passer les roues du bus dans la javelle, nous chaussures aussi !!! No comments.
Nous arrivons à San Pedro de Atacama, il fait chaud… et il y a des chiens partout. Je n’aime pas les chiens errants !
10 août : nous avons trouvé un hôtel fort agréable. On a bien dormi, il faut dire que c’était difficile de faire plus rustique que ces
derniers jours. Je me réveille la première, je vais aller chercher de quoi nous faire un petit déjeuner. Je pars donc seule à travers San Pedro afin de trouver du jus d’orange et des gâteaux,
mais j’avais oublié
quelque chose : les chiens errants qui ne doivent apparemment comprendre que l’espagnol ! Bref, je
sors et là, je n’avais pas fait deux mètres qu’un chien commence à me suivre et à me hurler dessus ! Je prends sur moi, me retourne essaie de le faire fuir, en vain… Une chilienne prend
pitié de moi, lui hurlera dessus en espagnol pour le faire fuir et elle y parviendra. Encore merci madame. Je finis par trouver de quoi manger et retourne à l’hôtel. Je raconte mes déboires à
Stéphane qui se moque de moi et me fait comprendre que je ne sais pas y faire avec les chiens : il faut être ferme et leur montrer que nous n’avons pas peur. Nous repartons, tout deux, louer
des vélos. A peine sortis de l’hôtel, devinez qui était là : mon copain le chien ! « Oh non… Stéphane, fais quelque chose ! » alors Stéphane commence à lui hurler dessus,
essaye de le faire fuir, mais rien n’y fait : ça y est, j’en suis convaincue, ce chien ne comprend que l’espagnol. Heureusement, la même dame qui m’avait sauvé la vie quelques minutes
auparavant réitère ses palabres aux chiens qui finiront par nous lâcher la grappe. Merci mille fois madame.
Nous partons donc en VTT à la découverte des alentours de San Pedro de Atacama, mais nos vélos ne sont pas extraordinaires et nous peinons à avancer ! San Pedro de Atacama, est désertique, les paysages lunaires et secs, c’est très joli. On se dirige vers les ruines Incas que nous visitons, il fait beau et chaud, on est bien. Le soir, nous irons voir le fameux coucher de soleil sur la vallée de la Luna. Nous grimpons l’immense dune afin de nous retrouver au plus haut pour apprécier ce spectacle. C’est beau, calme et reposant.
11 août : nous poursuivons la visite de San Pedro. En fait, il y a deux villages : un archi touristique presque surfait où la rue principale alterne location de vélos, cybercafés, restos branchés et magasins de souvenir et, un peu plus excentré, on trouve le vrai San Pedro, aux maisons de terre, presque fantomatiques.
Cette pause à San Pedro était vraiment agréable et très reposante après notre expédition au Salar, nous prenons un bus de nuit pour rejoindre Arica à l’extrême nord du Chili.
12 août :
6h30 : nous arrivons. Nous cherchons un tour pour visiter la vallée de la Lauca sur deux jours, ce sera en vain. On prendra
finalement un tour à la journée pour 1 200 pesos par personnes pour le lendemain. Nous visitons donc Arica et l’église que Mr Eiffel y a construite. On passe sur la plage de Chuncherro où nous
dégustons une bonne glace, ça fait drôle de se dire que ces vacances, on ne se sera pas baigné dans des mers chaudes.
Ce midi, Stéphane voulait absolument aller au Mac Do… Nous sommes donc allés voir si Ronald faisait des hamburgers du même goût que chez nous au Chili ! Finalement cela nous a amusé ! On avait l’impression que d’aller au Mac Do pour les gens d’Arica est quelque chose « qui le fait ».
13 août : 7h30, nous partons pour le tour « Vallée de la Lauca et Lac Chungara » : autrement dit, comment passer du
niveau de la mer 0 mètre à plus de 5 000 mètres d’altitude en quelques heures ! Nous qui venons de la Bolivie, nous sommes maintenant acclimatés à l’altitude, ce qui n’est pas le cas de tous
le monde dans le minibus : certains finiront par tester l’assistance respiratoire du bus ! On commence par voir les géoglyphes de la vallée de la Lluta, ce sont des hommes et des
Lamas géants qui sont représentés. Courte pause à Poconchile, où il n’y a pas grand chose à voir. Par contre, un peu plus loin, du côté des cactus candélabres, sur une route qui monte un peu,
nous vivons une expérience saisissante et pour le moins t
roublante ! Notre bus se met au point mort dans la côte et au lieu de redescendre, ou au moins de s’immobiliser, le bus
continue à monter ! Incroyable mais vrai, nous sommes entrés dans la quatrième dimension ! Il paraît en fait que dans cette région, il y a de très forts champs magnétiques ! Après
cet instant déstabilisant, nous avons continué sur Putre, puis Parinacota où il y a une superbe église de l’époque coloniale. Nous étions conquis ! Des fresques partout, très simplistes
servant à expliquer le bien et le mal selon les espagnols qui convertissaient au catholicisme les indiens de l’époque. Ensuite, la fin de notre montée vers le lac Chungara a été ponctuée de
rencontre avec des lamas, Alpagas et autres Viscachas (une sorte de lapin avec une queue d’écureuil) et même un Nundi (qui ressemble un peu à une autruche). Plus on monte et plus les paysages
sont beaux : des montagnes enneigées, des lacs… Arrivés au Lac Chungara, il se met à neiger ! Le panorama est grandiose, en quelques minutes, le ciel se dégage les couleurs changent.
La journée s’achève, on en a encore pris plein la vue ! Une journée excellente une fois de plus.
14 août : Bye Bye Chili : promis on reviendra pour visiter vraiment ce pays, l’aperçu que nous avons vu nous a mis l’eau à la bouche. Nous repartons donc pour le Pérou, précisément à Arequipa. Dans le taxi avec lequel nous passons la frontière, nous sommes avec 4 chiliens. Le voyage passe très vite, une chilienne discute avec nous… et nous chante même la Marseillaise ! De Tacna, on prend un bus pour Aréquipa où nous descendons à l’hôtel bien agréable « Colonial Inn ». La chambre est plutôt sympa, à 5 minutes du centre. Demain, il y a les grandes fêtes d’Arequipa pour fêter la création de la ville il y a plus de 450 ans. Une fête de plus qui va nous rappeler des fanfares boliviennes ?...
15 août : après un fort agréable petit déjeuner sur la terrasse (encore un), on part visiter le couvent Santa Catalina : un trésor d’architecture et de couleurs. Ocre Rouge, bleu Azur tranchent avec le blanc et le bleu du ciel. Toute l’architecture des bâtiments est en rondeur, arches, voutes : carrément splendide. Cela dit, il valait mieux que ce soit splendide puisque toutes les cadettes des familles riches espagnoles des alentours entraient dans ce couvent à 16 ans pour ne jamais en sortir. On préfère notre visite à une vie entière entre ces murs aussi jolis soient-ils. Après la visite, on se retrouve dans la foule, eh oui, c’est la fête. Il y a du monde partout. On part réserver nos billets pour Nazca. On retourne ensuite vers la ‘plaza de armas’ mais il y a trop de monde, c’est fatiguant. Là on s’aperçoit que quelqu’un a tenté de nous voler quelques choses, un coup de rasoir a coupé la poche avant de notre sac à dos : une chance qu’il n’y avait rien dans cette poche. Aurons-nous cette même chance jusqu’à la fin du voyage : rien n’en est moins sûr ! On part dans le quartier de Yanahuara qui est bien plus reposant.
16 août : on poursuit nos visites de cette belle ville qu’est Arequipa et on organise notre excursion à la vallée de la Colca. On ne prendra que le stricte nécessaire dans le sac de Steph pour nos deux jours et laisserons mon sac remplit à craquer dans une consigne qui ne nous faire guère confiance mais bon, on verra bien !
A 2 heure du mat (qui a dit que les vacances c’était fait pour se reposer) nous prenons le bus qui nous conduira jusqu’à Cruz Del Condor.
17 août : nous voici à Cruz del condor : il est très tôt et nous avons la chance d’être là les premiers, avant le gros du flot de touristes, c’est superbe. On voit évoluer le ballet des condors, magiques. Ces oiseaux sont immenses et tellement majestueux. Ils planent, montent tranquillement et redescendent à pic dans le canyon. Nous sommes nombreux à les regarder mais malgré tout assez silencieux.
Après cet apaisant spectacle on se dirige vers l’oasis Sangalle. Le point de départ se fait à partir d’un village qu’on croyait en fait beaucoup plus proche de Cruz Del Condor, on aura tout fait à pied, et si on avait su on aurait chopé un bus ! Bref, nous arrivons dans le village, plutôt désert et après déjeuner nous entamons la descente vers l’oasis. Moi, trouillarde comme d’habitude, j’ai peur de me perdre, je dis à Stéphane qui nous aurions dû prendre un guide, mais Stéphane se veut rassurant et est sûr que nous trouverons facilement le chemin et en fait, il a complètement raison ! Au bout de quelques minutes de marche, il n’y a plus aucune ambigüité puisqu’on voit en contrebas notre point d’arrivé : l’oasis, toute verte au milieu de ce canyon plutôt désertique. Cela dit, ce n’est pas parce qu’on voit notre point d’arrivé que nous sommes arrivés : 3 heures de marche seront nécessaires ! Arrivés en bas, nous logerons dans une cabane de bambous, amusant et très rustique. On visite l’oasis, très verte, avec une végétation qui n’a rien à voir avec celle du village plus haut, en même temps, il y a un sacré dénivelé…On bavarde avec les quelques touristes qui passent la nuit ici, jouons aux cartes avec un couple et puis allons nous coucher : ce n’est pas le tout, demain, il va falloir remonter.
18 août : on entend des chuchotements, les gens commencent à repartir, nous allons nous lever pour faire de même. Moi qui appréhendait tant la remonté, je trouve finalement que c’est plus facile que la descente car les genoux souffrent bien moins des chocs… On mettra finalement moins de temps que la veille pour ce parcours en sens inverse. La vallée de la Colca : une belle randonnée !
Après l’effort, le réconfort. Avant de retourner à Arequipa, nous faisons une très agréable pause aux thermes. L’eau y est naturellement très chaude, un bain géant, qu’est-ce qu’on est bien, on n’a pas envie de sortir !
On retourne en bus à Arequipa puis, après avoir retrouvé nos affaires à la consigne (pas de problème malgré notre petite appréhension de la veille), nous prenons un bus de nuit pour Nazca.
19 août : Nazca n’est pas une ville extraordinaire mais c’est une étape incontournable du voyage pour survoler les fameuses lignes. On rencontre un couple allemand et nous mettons à la recherche, avec eux, d’une agence pour survoler les lignes. En peu de temps, c’est chose faîte. Le rendez-vous est fixé à 14 heures. Il est prévu qu’un mini bus nous conduise à l’aérodrome, puis que nous visionnions une vidéo sur ces lignes et enfin que nous les survolions vers 15h30. Ca s’annonce bien. Après la visite de la ville nous nous arrêtons déjeuner pas très loin de notre lieu de rendez-vous. On a faim et commandons des calamars frits. Notre ventre gargouille grave, mais qu’est-ce qu’ils fabriquent, ils sont allés les pêcher ces calamars ou quoi ! On s’inquiète, on nous rassure en disant que ça vient… Bref à 13h45 nous sommes enfin servis. On englouti notre assiette en moins de deux, il ne s’agit pas d’être en retard, cette après-midi, on a un timing à respecter. 14 pétantes on est devant l’agence, le ventre ballonné, limite en train de finir de mâcher notre dernière bouchée !!! Quelques minutes plus tard, arrivés à l’aérodrome, on nous explique que finalement nous allons survoler les lignes tout de suite et que nous regardons la vidéo ensuite. Nous n’y voyons aucun inconvénient.
Ca y est, nous sommes dans l’avion, un Cesna, le pilote et trois passagers ! C’est minuscule : je suis sous le charme, c’est terrible cet engin. Le pilote a l’autorisation de décoller, ça y est nous partons, waouh, ça décoiffe, trop génial. A peine décollé, le pilote commence à nous montrer les formes qui se distinguent des lignes : une baleine, un cosmonaute, un singe… Incroyable et magnifique, comment ce peuple a-t-il fait pour réaliser des dessins aussi parfaits ? Le mystère reste entier. Notre pilote, afin que nous puissions tous apprécier les formes fait un tour dans un sens, puis dans l’autre, comme ça tous les passagers peuvent en profiter, comme ça aussi, Stéphane devient tout vert, les calamars ont du mal à passer ! Le pilote un peu stressé face à l’état de Stéphane, lui donne un petit sac… De mon côté, je suis prise entre les deux, d’un côté des lignes magnifiques, des photos à ne pas rater (ce n’est pas demain qu’on re-survolera Nazca) et mon pauvre Stéphane dont le tee-shirt est trempé de transpiration en quelques secondes : il n’a vraiment pas l’air bien. Le pilote stresse comme un malade, il se retourne toutes les dix secondes pour vérifier que son avion est toujours propre. Au bout de quelques minutes encore, nous retrouvons la terre ferme, Stéphane a du mal à retrouver ses esprits. Enfin, nous visionnons cette fameuse vidéo, intéressante mais nous ne savons toujours pas pourquoi ces lignes ont été dessinées. Encore un mystère à résoudre.
En fin de journée, on visite le musée et observons les étoiles. Puis, nous allons nous coucher. Avant de se coucher, Stéphane me fait la peur de ma vie. Il est prit de tremblement sur tout le corps, ne peut plus vraiment parler tellement il tremble, il est dans un état second. Je ne sais pas quoi faire, j’ai beau regarder, il n’y a rien dans cette maudite trousse à pharmacie, pas de 15 à appeler, je me sens seule, très seule… Bref, j’allume la douche, fait couler de l’eau bien chaude et le met dessous, au bout de quelques minutes, il commence à aller mieux, ouf. Plus de peur que de mal… La journée d’aujourd’hui n’était définitivement pas la sienne.
20 août : nous Quittons Nazca pour rejoindre Pisco… Maintenant changer de ville c’est la routine. On prend un bus de la compagnie Flores, réputée et connue, plus sûre que certaines autres compagnies. Le bus doit passer par Ica puis filer tout droit à Pisco. De là nous souhaitons visiter les Islas Ballestras. Nous sommes complètement à l’avant du bus, ce qui fait que nous avons de la place pour détendre nos jambes et laissons notre sac à photo, devant nous, à nos pieds. On arrive à Ica, pause de 10 minutes, je sors me dégourdir les jambes, Stéphane reste dans le Bus. Deuxième partie du voyage, un jeune et grand garçon derrière moi a du mal à trouver sa place, il n’arrête pas de gesticuler, on s’assoupi 5 minutes… on regarde le paysage, et enfin, au bout de quelques heures de voyage, nous arrivons. Je prends le sac, on récupère nos sac à dos et prenons un Taxi pour rejoindre la ville de Pisco. Je trouve que le sac est très léger... Je l’ouvre…
- Stéphane, tu as récupéré la ceinture ?
- Non, elle est dans le sac
- Non elle n’y est pas
J’ouvre le compartiment photo du sac, et là rien, plus d’appareil photo : on s’est tout fait tiré ! Mais comment est-ce arrivé ! Ce jeune et grand garçon derrière moi n’avais pas de mal à trouver sa place, il s’est tout simplement faufilé sous le siège pour tirer notre sac, prendre tout ce qu’il y avait d’intéressant dedans, et le remettre à sa place : ni vu, ni connu. Vite, il faut rattraper le bus, ce voleur est peut être encore dedans. Nous prenons un autre taxi, lui expliquons la situation, il roule à toute allure, on finit, au bout d’une demi-heure de poursuite par rattraper le bus qui poursuivait sa route vers Lima. On fait arrêter le bus, on explique la situation au chauffeur, bien sûr, le voleur s’est fait la belle depuis belle lurette, les gens du bus nous tendent de l’argent, nous le refusons, ils sont désolés pour nous. Nous regardons par terre mais en vain, il n’y a rien qui ne nous appartiennent. Nous retournons sur Pisco où nous devons faire notre déclaration de vol auprès de la police. Cependant, pour faire cette déclaration, il faut au préalable acheter un formulaire dans une banque, heureusement qu’il nous reste de l’argent (et ma carte bleue) car sinon, je ne vois pas comment on aurait pu acheter ce fameux formulaire : comment font ceux qui n’ont plus rien ? C’est ridicule. Bref, nous arrivons au commissariat et faisons notre déclaration tant bien que mal avec l’espagnol que nous parlons. La liste est longue, entre l’appareil photo, la lampe frontal, des lunettes de soleil, couteau suisse, jumelles, la carte bleue de Stéphane, nos passeports, nos billets d’avions retours… C’est la cata ! Comment on va faire, demain c’est samedi et nous reprenons l’avions à Lima à 500 kms d’ici et nous n’avons ni passeports, ni billets. Je suis dépitée, effondrée. Après la déclaration, nous trouvons un hôtel et nous rendons en ville pour essayer de trouver un moyen de téléphoner à l’ambassade, à continental Airlines pour connaître la marche à suivre. Là, nous sommes tombé sur quelqu’un de formidable, qui nous a beaucoup aidé à un moment où nous étions complètement perdu ; merci encore pour votre aide et votre réconfort. On a eu beaucoup de chance de vous rencontrer. Bon c’est clair maintenant, il faut que demain matin aux aurores nous nous rendions à Lima, nous serons samedi, il faudra tout d’abord aller à l’agence de Continental et filer à l’ambassade récupérer nos laissez-passer pour pouvoir retourner en France mardi. Le monsieur de l’agence ne nous fait rien payer même pas les communications téléphoniques qu’il a passées pour nous, il veut même nous donner de l’argent pour que nous allions diner, nous refusons mais sommes très touchés par son geste : nous avons rencontré en une seule journée une personne sans scrupule qui dépouille les gens à leur insu et une personne avec le cœur sur la main… Asi es la vida.
21 août : 5 heures : on se lève, on n’a pas fermé l’œil. Nous retournons à la gare routière où nous avions négocié avec la compagnie Flores, un aller gratuit pour Lima suite à nos déboires. Arrivés à la gare routière, on nous dit que ce n’est pas possible de partir. On commence à s’énerver, ils nous racontent des cracs ! Quand vous venez de vous faire volez, vous devenez méfiants et agressifs avec tout le monde. On fini par comprendre, tous les bus sont bloqués car à quelques kilomètres, il y a un camion qui s’est renversé, la circulation est coupée dans les deux sens. Il faut qu’on trouve un moyen, l’agence ferme à midi pour le WE. On n’a pas le choix, il faut qu’on aille à lima. Arrivés au niveau du pont, nous traversons la rivière quasi asséchée à pied, devant des centaines de personnes éberluées par ces deux jeunes plutôt déterminés ! De l’autre côté du pont, des colectivos nous demandent des sommes astronomiques pour rejoindre la bourgade et prendre un bus de là bas, nous continuons de marché, plus on s’éloigne et plus les prix deviennent raisonnables, on fini pas prendre un collectivo. Arrivés à la bourgade de Chicha, on trouve un bus. Le timing est très serré, arrivés sur Lima, il y a d’incroyables embouteillages, on est complètement bloqués et l’heure tourne. On a envie de sortir de se bus et prendre un taxi pour finir le trajet. On prend nos sacs et commençons à nous diriger vers le chauffeur pour lui demander de nous laisser ici. Là une femme vient à notre rencontre et nous fait comprendre que le quartier où nous nous apprêtions à sortir est très dangereux. On l’écoute, nous rasseyons et attendons impatiemment d’arriver. Nous serons à l’agence Continental à 11h15 !!! ¾ d’heure avant la fermeture. Nous tombons encore une fois sur quelqu’un de très gentil et compatissant. Elle nous explique la procédure, et le fait qu’il va falloir payer 125 dollars par billet réémis (4 au total)! Je fonds en larmes et lui dit : « how will we pay that ! » elle nous regarde et dit « OK, I call Houston !» (précision : le siège social de Continental Airlines se trouve à Houston). Elle revient, avec le sourire, le siège accepte que nous ne payions pas la réédition des billets vu les circonstances. Merci Madame. Mais ce n’est pas encore fini, il nous faut aller à l’ambassade pour les laissez- passer, faire des photos…. Stéphane, pendant que j’attendais à l’agence s’est occupé de savoir quels étaient les documents indispensables, a fait appeler l’attaché du consul pour qu’elle nous fasse les laissez-passer. Bref vers 13 heures, nous avions nos laissez- passer et nos billets d’avions. Nous étions soulagés, nous pourrons repartir ! Ouf. Par contre ces derniers jours se feront sans joie. Dans l’appareil, il y avait la pellicule presque finie des lignes de Nazca. On repense à ce point noir du voyage sans arrêt… Mais en fait, ce mauvais souvenir s’estompera peu à peu pour ne laisser de notre voyage au Pérou que du bonheur. En fait, avec le recul, ce vol n’était pas si grave, oui on s’est fait piqué nos affaires mais nous n’avons pas été blessé, des papiers, ça se refait, le reste, on rachètera… Ce n’est pas si grave, on a juste perdu un peu d’argent et loupé les iles Balestras. Mais pour penser cela, il faut un peu de temps, au début on avait plutôt la haine contre notre voleur. Le Pérou est un pays magnifique avec des gens très accueillants (pour la grande majorité) et il faut y aller, c’est magnifique, diversifié. Oui, on y retournera sûrement un jour.
22 août : nous repartons, le cœur lourd et des images pleins les yeux, la peur que notre mésaventure des derniers jours ne gâche à jamais nos souvenirs.
Nous avons une escale de 10 heures à New York, malgré notre laissez-passer, nous avons le droit de sortir et nous profitons de notre temps pour visiter Manhattan, c’est génial, Empire State building, Time Square, le quartier chinois, au pas de course d’accord mais cette escapade nous enchante, c’est génial.
Nous arriverons, J+1 à Paris et je vais direct au travail… C’est dur. A notre retour, nous apprendrons une bien triste nouvelle : oui, il y a des choses bien plus graves dans la vie que de se faire voler...
Nom officiel : République du Pérou (Republica del Peru)
Nom officiel : République de Bolivie (Republica de
Bolivia)
Nom
officiel : Chili
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